Zoom sur le métier de Maître-Chien

Le maître-chien consacre son temps à deux grands moments avec son chien :

 » L’élevage et le dressage :
Après avoir établi un lien de confiance avec le chien et lui avoir appris les ordres basiques (assis, debout…), le maître-chien va approfondir son travail en fonction de l’utilisation qui sera faite de l’animal.

Si celui-ci est destiné à assister un non-voyant, il sera principalement initié à l’arrêt devant obstacle. S’il doit assister un handicapé, il sera initié à des tâches quotidiennes (ouvrir et fermer une porte, apporter un objet…).
Si le chien est destiné à intervenir dans des actions de police ou gardiennage, le maître-chien apprendra à son chien à flairer une piste, détecter des traces de drogue, attaquer un individu.

 » Le bien-être :
le maître-chien soigne son chien, le toilette, le nourrit, entretient son box, le soutient physiquement et moralement.

Ce métier peut s’exercer
 » en société de gardiennage,
 » dans la police municipale ou nationale,
 » dans la gendarmerie,
 » dans la douane, l’armée,
 » en association d’aide aux personnes...

Les conditions peuvent parfois être difficiles : horaires de nuit, environnement extrême (haute-montagne) ou dans des situations dangereuses.

Quelle formation ?
Certaines administrations recrutent sur concours (avec limite d’âge) et forment leurs personnels.
Le CAP Agent de Prévention et de Sécurité et le BP Agent Technique de Prévention et de Sécurité permettent de travailler dans les sociétés privées. Il existe aussi le certificat professionnel agent cynophile de sécurité, reconnu et agréé par les ministères.

Témoignage :

Frédéric Mélis, pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre métier de maître-chien ?

Je suis employé depuis 8 ans dans une société privée de surveillance, et je travaille pour le compte d’une société cliente dont je surveille le site jours, nuits, week-end et jours fériés. Je dois seul avec mon chien veiller à ce que personne ne s’y introduise ou détériore les abords du site.

Que diriez-vous ce métier ?

C’est un métier difficile physiquement car il faut parfois tenir 12 heures de suite et ceci 2 ou 3 nuits d’affiliée. On peut travailler plusieurs semaines voire plusieurs mois calmes, puis avoir à gérer uns situation difficile subitement.
Il faut être attentif, savoir prendre les mesures conservatoires, faire preuve de responsabilités et réactivité tout en veillant à ne pas risquer sa vie.
Lorsqu’on travaille comme moi sur un site industriel, il faut savoir travailler seul, mais créer une totale fusion avec son chien.

Justement, quel contact avez-vous avec votre chien ?

J’ai un contact permanent puisque le chien m’appartient, que je l’ai choisi et élevé. Les réglementations dans ce métier sont draconiennes, d’autant plus depuis que des incidents sont survenus chez des particuliers comme on en entend parfois parler dans la presse.
Je m’occupe donc moi-même de mon chien : je le soigne, tiens à jour ses vaccins, l’ai dressé à l’obéissance, à la défense et à l’attaque et je l’entraîne au moins une fois par semaine pour qu’il se tienne en forme. Je dois aussi l’habituer aux armes.
J’ai actuellement 2 Rottweiller dont un va bientôt être à la retraite après 8 ans de service. Je dois donc assurer la continuité avec un autre chien que j’ai pris à 3 mois et que j’élève jusqu’à ce qu’il soit opérationnel à 18 mois.

Comment en êtes-vous arrivé à ce métier ?

J’ai travaillé pendant 5 ans comme agent de sécurité et j’ai toujours aimé les chiens, puisque j’ai travaillé aussi un moment dans un centre canin dans lequel je m’occupais du comportement et des pathologies de chiens.
J’ai donc voulu concilier les deux et j’ai cherché des formations spécifiques. Je dois dire que cela n’est pas facile car ces formations sont souvent proposées par des organismes privés, parfois chers et pas toujours sérieux. J’ai donc passé tous les brevets et habilitations nécessaires.

Pour finir, envisagez-vous de poursuivre ce métier longtemps ?

Je souhaite passer le concours de la police municipale et travailler au sein d’une équipe cynophile. Pour cela, j’ai démarré une Validation des Acquis de l’Expérience sur un CAP agent de prévention et de sécurité dont je devrais avoir le résultat avant mi-2007. Je pourrai ainsi continuer à travailler avec des chiens, dans un autre cadre.
Il faut aussi savoir que le métier d’agent de sécurité maître-chien est en pleine expansion et que les entreprises privées ont des difficultés à trouver des personnels qualifiés répondant à toutes les obligations.

Merci à Frédéric Mélis et bonne continuation dans ses projets d’évolution !.


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