La déception des entretiens de recrutement qui n’aboutissent pas, l’âge qui devient parfois un handicap au recrutement, la pression qui est liée à certains postes et, sans doute, une prise de conscience du besoin de savoir faire quelque chose avec ses mains, retrouver des racines ; voilà ce qui peut conduire au changement de métier, comme Vincent B.
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- Emploi37.fr – Bonjour Vincent, après 20 ans de comptabilité et de contrôle budgétaire, diplômé DECF, vous venez de décider de changer de métier et de devenir boulanger. Pourquoi ce changement ?
- Vincent B. – Gérer, conseiller, décider, je sais faire et je l’ai fait pour de grands groupes. Demain je veux pouvoir tenir « mon affaire », sur un métier « concret », en reprenant une entreprise de boulangerie-pâtisserie.
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- Emploi37.fr – Est-ce après une enquête sur les métiers que vous avez pris cette décision ?
- Vincent B. – Non, pas immédiatement. Tout d’abord, je n’ai plus retrouvé l’envie de me consacrer aux couleurs d’une société, autant que j’ai pu le faire par le passé à des postes opérationnels puis fonctionnels. Désormais, je voulais revenir sur le terrain, être dans le réel. Un jour, j’ai tout simplement regardé mes mains, et j’ai décidé qu’il fallait que je fasse du pain. Depuis j’avance dans cette voie. Entre temps, toutes les informations collectées m’ont confirmé dans mon choix.
- Emploi37.fr – Est-ce que vous considérez que c’est une rupture professionnelle avec votre passé ?
- Vincent B. - Je vois plutôt mon projet comme l’aboutissement de toute l’expérience que j’ai pu capitaliser. Je me sens bien paré, que ce soit en terme de direction, de management, et de gestion d’entreprise. C’est important . Et puis, concernant le produit, j’apprends le métier, vite, et dans d’excellentes conditions.
La page est tournée par rapport aux grands groupes « du passé », en Grande Distribution ou en Logistique. Je les vois d’ailleurs toujours déstabilisés, pour différentes raisons et en perpétuel plan de restructuration. J’ai assez travaillé sur le sujet pour en être convaincu. Même si j’ai pu évoluer vers des rôles de « conseiller » ou de « décideur » en comité de direction, ces postes ne sont au fond, que des opportunités provisoires, sur des sièges éjectables, et aléatoires dans le temps. Nombreux sont ceux qui en témoignent… Je me recentre donc sur mes forces, à une dimension qui sera la mienne.
- Emploi37.fr – C’est tout de même votre période sans emploi qui vous a déclenché ce choix ?
- Vincent B. – Oui, surtout lorsque sur un seul mois, je me suis rendu en « finales », après les séries d’entretiens concernant deux postes intéressants en Contrôle de Gestion. Raté de peu ! Toute cette subjectivité du court terme m’a motivé à aller vers le concret sur le long terme. Allez comprendre !
- Emploi37.fr – Et pour vous, le concret c’était de devenir boulanger ?
- Vincent B. – l’Histoire du Pain suit l’Histoire de l’Homme, le produit est solide. Il suit aussi l’histoire de ma famille : mon grand père était boulanger, de même que ses frères, de même que son propre grand père. En sautant une génération, cela me retombe dessus !
- Emploi37.fr – Mais le marché du travail a changé depuis ces époques !
- Vincent B. - On manque de boulangers, tout le milieu me le confirme : Chambre de Métiers, minoteries, etc. ...Pourtant, il suffit d’avoir été piqué, de se lever de très bonne heure et d’être en bonne santé !
- Emploi37.fr – Où en êtes-vous ?
- Vincent B. – je suis dans le Centre de formation MAHOU et en juin je passerai mon CAP.
- Emploi37.fr – Votre conclusion aujourd’hui ?
- Vincent B. – Boulanger, c’est un métier pérenne, de labeur et de saveur, auquel je crois.
- Emploi37.fr – Merci Vincent, et faites-nous du bon pain !
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